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Lexique du fauteuil : comprendre le vocabulaire du siège

Par l’équipe Fauteuil.org — mis à jour le 11 juin 2026

Accotoir ou accoudoir, semence, guindage, mise en blanc… Le vocabulaire du fauteuil emprunte à trois métiers — le menuisier en sièges, le tapissier-garnisseur et l’ébéniste — et reste souvent obscur pour l’amateur. Ce lexique du fauteuil définit 60 termes essentiels en une ou deux phrases, du bois brut à l’étoffe finale. Utilisez l’index alphabétique ci-dessous pour atteindre directement une lettre, ou parcourez-le comme un petit traité du siège.

A

À la reine
Se dit d’un dossier plat, non incurvé, typique des fauteuils Louis XV d’apparat destinés à rester contre le mur. S’oppose au dossier en cabriolet.
Accotoir
Terme exact des gens de métier pour la partie du fauteuil qui reçoit l’avant-bras, là où le langage courant dit « accoudoir ». Il peut être garni d’une manchette.
Aniline
Cuir teint dans la masse, sans pigment de surface : toucher chaud et grain naturel apparent, mais grande sensibilité aux taches et à la lumière.
Assise
Surface horizontale qui reçoit le corps. Sa hauteur et sa profondeur — voir nos repères de dimensions d’un fauteuil — déterminent l’essentiel du confort.

B

Bergère
Fauteuil à joues pleines et coussin d’assise amovible apparu vers 1725. La bergère reste l’archétype du grand confort à la française.
Bois courbé
Hêtre massif cintré à la vapeur dans des moules, procédé industrialisé par Thonet au XIXe siècle, notamment pour les fauteuils à bascule.

C

Cabriolet
Petit fauteuil léger à dossier incurvé qui épouse le dos, fait pour être déplacé au gré de la conversation. Le cabriolet triomphe sous Louis XV.
Cannage
Treillage de lamelles de rotin tissées en sièges et dossiers. Sur un fauteuil en rotin ou canné de qualité, il est tissé main, non plaqué en feuille.
Capitonnage
Garniture piquée en losanges par des boutons profondément tirés, qui plisse l’étoffe. Typique du Chesterfield et du fauteuil crapaud Napoléon III.
Carcasse
Structure portante du siège, en bois massif, multiplis ou métal, invisible une fois la garniture posée. Sa qualité conditionne la durée de vie du fauteuil.
Ceinture
Cadre horizontal qui relie les pieds et délimite l’assise. C’est sur la ceinture que le tapissier tend le sanglage et fixe la garniture.
Chantourné
Découpé selon une ligne courbe et ornementale. Les traverses chantournées et les pieds galbés signent le style Louis XV.
Chauffeuse
Siège bas et sans accotoirs, conçu à l’origine pour se chauffer près du feu, aujourd’hui décliné en version contemporaine, pratique dans un petit espace.
Chevillé
Assemblé par des chevilles de bois traversantes, sans vis ni équerres. Un siège ancien chevillé se démonte et se restaure indéfiniment.
Crin animal
Crin de queue et de crinière de cheval, cardé puis frisé. Élastique et quasi imputrescible, c’est le matériau de garniture noble des sièges anciens.
Crin végétal
Fibre de palmier ou d’alfa cordée, employée en première garniture. Moins durable que le crin animal, qu’elle complète dans les réfections traditionnelles.
Croûte de cuir
Partie inférieure de la peau refendue, recouverte d’un film pigmenté ou floquée. Nettement moins résistante que la pleine fleur, pour un prix très inférieur.

D

Dégarnissage
Dépose complète des tissus, garnitures, ressorts et sangles jusqu’à la carcasse nue. C’est la première étape pour restaurer un fauteuil ancien.
Dossier
Partie du siège qui soutient le dos. Sa hauteur et son inclinaison définissent la vocation du fauteuil : conversation, lecture ou repos.
Duchesse brisée
Chaise longue d’époque Louis XV « brisée » en deux ou trois éléments séparables, fauteuil à joues et bout de pied.

E

Embrèvement
Entaille pratiquée dans une pièce de bois pour y encastrer l’épaulement d’une autre, renforçant l’assemblage à tenon et mortaise.
Emmanchement
Assemblage d’un pied dans la ceinture du siège. Un emmanchement fatigué fait « jouer » le fauteuil et appelle un recollage.
Entretoise
Traverse qui relie les pieds entre eux, en H ou en X, pour rigidifier le piètement des sièges anciens et des chaises.
Estampille
Marque frappée au fer sous la ceinture par le menuisier, obligatoire à Paris de 1743 à 1791. Elle authentifie les sièges d’époque — voir notre histoire du fauteuil.

F–G

Fleur (pleine fleur)
Couche supérieure et la plus noble de la peau, conservée avec son grain naturel intact. C’est elle qui fait la longévité d’un fauteuil en cuir de qualité.
Galon
Ruban tissé, collé ou cloué, qui masque la ligne de semences et la coupe du tissu le long des bois apparents.
Garniture
Ensemble des matériaux — sangles, ressorts, crin ou mousse, toiles — qui donnent au siège sa forme et son confort. Le cœur du métier quand on veut retapisser un fauteuil.
Glider
Fauteuil à balancement linéaire monté sur glissières, sans patins courbes. Silencieux et stable, il équipe nombre de fauteuils d’allaitement.
Guindage
Cordage des ressorts au lacet de chanvre pour fixer leur hauteur et leur inclinaison. L’opération la plus technique de la garniture traditionnelle.

H–J

Houssage
Habillage du siège par une housse amovible cousue à ses mesures, que l’on retire pour lavage ou changement de décor.
Joue
Panneau plein qui ferme le côté du fauteuil entre accotoir et ceinture. Les joues garnies caractérisent la bergère et coupent les courants d’air.

L

Laize
Largeur utile d’un tissu d’ameublement entre ses lisières, le plus souvent 140 cm. Elle détermine le métrage nécessaire pour recouvrir un siège.
Lit de plume
Couche de plumes ou de duvet enfermée dans un coutil cloisonné, posée sur la garniture pour donner leur moelleux aux sièges haut de gamme.

M

Manchette
Coussinet garni, fixe ou amovible, qui habille le dessus de l’accotoir et protège le bois comme l’avant-bras.
Martindale
Test normalisé d’abrasion qui mesure la résistance d’une étoffe à l’usure. Pour un fauteuil en tissu d’usage quotidien, visez 25 000 tours au minimum.
Médaillon
Dossier de forme ovale, encadré d’une moulure, signature du style Louis XVI.
Artisan qui taille et assemble les carcasses en bois massif. Métier distinct de l’ébéniste, qui travaille le placage sur les meubles de caisse.
Mise en blanc
Stade où le fauteuil est entièrement garni et recouvert de toile blanche, prêt à recevoir l’étoffe de couverture définitive.
Mortaise
Cavité creusée dans un montant pour recevoir le tenon. Le couple tenon-mortaise est l’assemblage roi de la menuiserie en sièges.
Mousse HR
Mousse polyuréthane « haute résilience », à partir de 35 kg/m³, qui garnit les assises contemporaines durables, là où la mousse standard s’affaisse.

O–P

Oreilles
Avancées latérales en haut du dossier, qui protègent la tête des courants d’air et offrent un appui pour somnoler. Elles définissent la bergère à oreilles.
Passepoil
Fin bourrelet de tissu inséré dans les coutures pour souligner les arêtes du siège, dans le ton ou en contraste.
Patine
Usure noble que le temps dépose sur le cuir et le bois. Elle fait tout le charme d’un fauteuil club ancien et ne s’imite pas sans peine.
Piètement
Ensemble des pieds et de leurs liaisons. Compas en teck sur un fauteuil scandinave, étoile à roulettes sur un siège de bureau : il signe le style.
Piquage
Couture au fil de lin à travers le crin pour former et durcir les bords de la garniture, en une, deux ou trois passes.
Placage
Mince feuille de bois précieux collée sur un support. Domaine de l’ébéniste, il pare les flancs des fauteuils Art déco.
Plumeteux
Coutil de coton très serré, parfois ciré, dont on fait les enveloppes de plumes : son tissage empêche les tuyaux de traverser.

R

Ramponneau
Marteau de tapissier à tête garnie, souvent de nylon, qui enfonce les semences sans marquer les bois apparents.
Ressort biconique
Ressort en spirale resserré en son centre, posé sur sanglage et fixé par guindage. Le cœur des garnitures traditionnelles depuis le XIXe siècle.

S

Sanglage
Entrecroisement de sangles de jute, de lin ou élastiques, tendues sur la ceinture au ramponneau. Il porte toute la garniture et le poids du corps.
Semence
Petit clou de tapissier à tête plate et tige effilée, posé en quinconce pour fixer toiles et tissus sur la carcasse.
Simili
Tissu enduit de PVC ou de polyuréthane imitant le cuir. Courant sur les fauteuils pas chers, il se délite en quelques années d’usage intensif.

T–V

Tapissier-garnisseur
Artisan qui garnit et couvre les sièges. Son savoir-faire traditionnel, du sanglage au passepoil, est reconnu métier d’art en France.
Tenon
Languette taillée à l’extrémité d’une traverse, qui s’encastre dans la mortaise du montant pour former l’ossature du siège.
Terre de Sommières
Argile fine qui absorbe à sec les taches grasses, sans auréole. L’indispensable pour nettoyer un fauteuil en tissu ou en velours.
Toile forte
Toile de jute épaisse tendue sur le sanglage ou cousue sur les ressorts guindés, qui reçoit le crin de la garniture.
Traverse
Pièce horizontale qui relie les montants de la carcasse : traverses d’assise, de dossier, d’accotoir.
Velours ras
Velours à poil court et dense, le plus résistant des velours d’ameublement. Sur un fauteuil en velours, son poil couché change de teinte selon la lumière.
Vrillette
Insecte xylophage dont les larves creusent des galeries dans les bois de sièges. Ses trous d’envol imposent un traitement avant toute réfection.

Z

Zéro gravité
Position d’un fauteuil relax où les jambes sont relevées au niveau du cœur, répartissant les pressions comme en apesanteur.

Ce vocabulaire n’est pas un luxe d’initié : il permet de lire un devis de tapissier sans rien céder au flou, de comparer deux fiches techniques et de repérer au premier coup d’œil un siège bien construit. Gardez cette page sous la main, elle s’enrichira au fil des réfections que nous documentons.