Retapisser un fauteuil consiste à remplacer sa couverture — le tissu visible — et, au besoin, une partie de la garniture, sans toucher à la structure en bois. Prévoyez 2 m de tissu en laize de 140 cm pour un bridge, jusqu’à 6 m pour un club, un tissu d’ameublement d’au moins 25 000 tours Martindale, et un week-end de travail en amateur. Chez un tapissier, la main-d’œuvre va de 350 à 900 €. Métrages, outils et étapes : tout est ici.
Retapisser, regarnir, restaurer : de quoi parle-t-on ?
Le vocabulaire compte, parce qu’il borne le chantier et le devis. Retapisser, c’est changer la couverture : tissu, ouate de propreté, finitions (passepoil, galon, clous). Si l’assise est saine — élastique, sans creux ni grincement — on s’arrête là. Regarnir, c’est descendre d’un cran : remplacer la mousse fatiguée ou recharger le crin avant de recouvrir. Restaurer, enfin, c’est reprendre aussi la structure : assemblages, sanglage, guindage des ressorts — un autre chantier, détaillé dans notre guide restaurer un fauteuil ancien.
Avant de commander le tissu, testez donc l’assise : asseyez-vous, relevez-vous, écoutez. Un fauteuil qui rebondit franchement et ne sonne pas peut être simplement retapissé. Un creux marqué au centre, des sangles visibles sous la ceinture ou un ressort qui chante imposent de regarnir d’abord — sinon le tissu neuf épousera un affaissement ancien.
Combien de tissu prévoir ? Les métrages par type de fauteuil
Les métrages ci-dessous s’entendent en laize de 140 cm, la largeur standard des tissus d’ameublement, pour un tissu uni. C’est la première question du tapissier comme du vendeur de tissu, et la première source d’erreur des débutants : mieux vaut 50 cm de trop qu’un raccord impossible.
| Type de fauteuil | Métrage indicatif | Particularités |
|---|---|---|
| Bridge | ≈ 2 m | Assise et dossier seuls, idéal pour débuter |
| Cabriolet | 2,5 à 3 m | Dossier incurvé, coupe en plusieurs pièces |
| Crapaud | ≈ 3 m | Entièrement recouvert, finitions au galon |
| Voltaire | 3,5 à 4 m | Haut dossier, accotoirs en manchettes |
| Bergère | 4 à 5 m | Joues pleines et coussin d’assise |
| Club | 5 à 6 m | Volumes pleins ; souvent en cuir d’origine |
Tissu à motifs, rayures ou grand raccord (un damas à motif de 60 cm, par exemple) : ajoutez 10 à 20 % au métrage pour centrer et raccorder les dessins d’un panneau à l’autre. Les velours imposent aussi un sens de coupe unique, donc des chutes plus importantes.
Choisir un tissu d’ameublement qui tiendra
Le critère décisif est la résistance à l’abrasion, mesurée par le test Martindale : un disque de laine frotte le tissu jusqu’à usure. En dessous de 15 000 tours, réservez le tissu à la décoration ; visez plus de 25 000 tours pour un fauteuil utilisé chaque jour, et 40 000 pour un siège familial très sollicité. La mention figure sur la fiche technique de tout éditeur sérieux.
Côté prix, les tissus d’ameublement vont de 20 à 120 € le mètre en laize de 140 cm : toiles de coton épais et jacquards courants entre 20 et 40 €, velours de qualité et lins lourds entre 40 et 80 €, éditeurs haut de gamme au-delà. Pour un Voltaire à 4 m, l’écart entre un tissu d’entrée et un tissu d’éditeur représente donc 300 € — à arbitrer selon la valeur du siège. Notre page fauteuil en tissu détaille les familles de textiles et leur entretien. Dernier garde-fou : n’achetez jamais un tissu d’habillement, même superbe ; trop fin, il marquera et se percera aux accoudoirs en quelques mois.
Outils et étapes, dans l’ordre du métier
L’outillage de base
- Agrafeuse manuelle (20 à 40 €) ou pneumatique, agrafes de 8 à 10 mm — ou, pour les puristes et les bois anciens, semences de tapissier posées au ramponneau ;
- Ciseaux de tapissier lourds, à lames longues, pour des coupes franches dans les tissus épais (25 à 60 €) ;
- Pied-de-biche de tapissier et pince coupante pour retirer agrafes et semences anciennes ;
- Tire-sangle si des sangles sont à retendre au passage ;
- Craie tailleur, mètre ruban, ouate de propreté, et passepoil ou galon pour les finitions.
Les cinq étapes
- Dégarnir la couverture. Retirez galon, clous puis tissu, pièce par pièce, en photographiant l’ordre de pose. N’arrachez rien : chaque agrafe se lève au pied-de-biche.
- Faire les gabarits. Les anciennes pièces, mises à plat et repassées, deviennent vos patrons. Tracez-les à la craie sur l’envers du tissu neuf en ajoutant 3 à 5 cm de marge de tension.
- Couper dans le droit fil. Le fil de chaîne doit rester vertical sur le dossier et d’avant en arrière sur l’assise, motifs centrés. Une coupe en biais vrillera à la pose.
- Poser du centre vers les bords. Fixez chaque panneau par quatre points provisoires au centre des côtés, tendez en croix, puis agrafez du milieu vers les angles. Les plis d’angle se forment en dernier, à la main.
- Finir. Passepoil cousu ou galon collé pour masquer les fixations, clous décoratifs posés un à un, espacés régulièrement, sur les sièges qui s’y prêtent — un crapaud se finit traditionnellement au galon, faute de bois apparent.
Retapisser un fauteuil soi-même ou le confier ?
L’équation est simple. En autonomie, vous ne payez que le tissu et les fournitures : de 60 € (bridge en toile à 25 €/m) à 350 € (bergère en velours), plus 50 à 100 € d’outillage réutilisable. Chez un tapissier, ajoutez 350 à 900 € de main-d’œuvre selon le modèle : environ 350–450 € pour un bridge ou un crapaud, 500–700 € pour un cabriolet ou un Voltaire, jusqu’à 900 € pour une bergère ou un club. Le professionnel s’impose quand la garniture doit être reprise, quand le siège a de la valeur, ou pour un capitonnage.
Les erreurs de débutant reviennent toujours : sous-estimer le métrage (le bain de teinture d’un tissu n’est jamais identique d’une commande à l’autre) ; jeter les anciennes pièces avant d’avoir coupé les neuves ; couper hors droit fil ; tendre les bords avant le centre, d’où poches et plis ; agrafer à même un bois ancien fendillé ; et recouvrir une garniture morte en espérant que le tissu fera illusion. Si votre fauteuil n’a ni valeur ni garniture saine, une solution plus légère existe peut-être : voyez notre page relooker un fauteuil.
Questions fréquentes
Combien de mètres de tissu faut-il pour retapisser un fauteuil ?
En laize de 140 cm : environ 2 m pour un bridge, 2,5 à 3 m pour un cabriolet, 3 m pour un crapaud, 3,5 à 4 m pour un Voltaire, 4 à 5 m pour une bergère et 5 à 6 m pour un club. Ajoutez 10 à 20 % si le tissu comporte des motifs à raccorder.
Quel est le prix de la main-d’œuvre pour faire retapisser un fauteuil ?
Comptez 350 à 900 € de main-d’œuvre selon le modèle et la région, hors tissu : autour de 350–450 € pour un bridge ou un crapaud, 500–700 € pour un Voltaire ou un cabriolet, et jusqu’à 900 € pour une bergère ou un club. Une reprise de garniture s’ajoute au devis.
Quel tissu choisir pour un fauteuil utilisé tous les jours ?
Visez un tissu d’ameublement d’au moins 25 000 tours au test Martindale (idéalement 40 000), en laize de 140 cm. Les jacquards serrés, les velours de coton denses et les toiles épaisses tiennent bien ; évitez les tissus d’habillement, trop fragiles, même s’ils sont plus beaux en rouleau.
Agrafeuse ou semences pour fixer le tissu ?
L’agrafeuse (manuelle ou pneumatique, agrafes de 8 à 10 mm) est plus rapide et convient aux carcasses modernes. Sur un bois ancien, les semences de tapissier posées au ramponneau restent préférables : elles se retirent proprement et n’éclatent pas les feuillures déjà fragilisées.